La première mention du terme endométriose remonte à 1885, lorsque le pathologiste allemand Friedrich Daniel von Recklinghausen l’a utilisé pour la première fois. Cependant, la première description pathologique de cette maladie est attribuée à l’anatomopathologiste Karl Freiherr von Rokitansky. En 1921, le médecin américain John Albertson Sampson (1873-1943) a initié une série de publications sur cette affection (1).
L’endométriose est ainsi définie comme la présence de glandes endométriales et de stroma en dehors de la cavité endométriale et du muscle utérin. Ces implants ectopiques de l’endomètre se trouvent généralement dans le bassin, mais peuvent apparaître dans presque n’importe quelle partie du corps. L’endométriose peut être associée à de nombreux symptômes gênants et invalidants, tels que des douleurs pelviennes, des masses annexielles, une dysménorrhée sévère, une dyspareunie, une infertilité, ou elle peut être asymptomatique. Cette dernière forme est souvent découverte lors d’une laparoscopie ou d’une chirurgie exploratoire (2, 3).
Nous allons maintenant analyser en profondeur l’endométriose et son lien étroit avec la fertilité. À l’occasion de la Journée mondiale de l’endométriose, nous verrons comment cette maladie affecte la réserve ovarienne et la qualité des ovocytes.
Il existe divers facteurs qui peuvent contribuer à la manifestation de l’endométriose. Parmi les facteurs de risque figurent les antécédents familiaux. Il a été observé que les femmes ayant des parents au premier degré atteints d’endométriose présentent une prévalence accrue de la maladie, allant de 6 à 9%, et pouvant atteindre 15 % dans les cas de forme sévère (4). De plus, une exposition prolongée aux œstrogènes endogènes favorise son apparition, notamment en cas de nulliparité, de ménarche précoce (avant 11 ans), de cycles menstruels courts (moins de 26 jours) et de ménopause tardive (après 55 ans). L’obstruction du flux menstruel, comme cela se produit dans certaines anomalies müllériennes, peut également favoriser la menstruation rétrograde.
D’autres facteurs de risque de moindre ampleur incluent un indice de masse corporelle bas, une consommation élevée de viande et de graisses trans insaturées, ainsi que l’exposition au DES (diéthylstilbestrol), un perturbateur endocrinien (4).
Des études ont démontré que l’impact de l’endométriose sur la fertilité est multifactoriel, affectant plusieurs étapes du processus reproductif (5). Il a été rapporté que les ovocytes des femmes atteintes d’endométriose présentent une qualité inférieure en raison d’un environnement folliculaire défavorable (6).
L’endométriose est associée à des niveaux élevés de stress oxydatif, ce qui contribue à l’apoptose (mort cellulaire) des cellules ovariennes et à la diminution progressive du nombre d’ovocytes. Une méta-analyse de 22 études non randomisées, réalisée par Barnhart et al., a mis en évidence un taux de grossesse significativement plus faible, en particulier aux stades avancés de la maladie (5).
Diagnostic de l’endométriose
Le diagnostic de l’endométriose est réalisé par laparoscopie diagnostique, qui est la méthode de référence. Cette technique permet d’évaluer les structures rétropéritonéales, de visualiser les lésions présentes sur chaque organe, de délimiter les tissus affectés, de prélever des biopsies pour une analyse histologique et de procéder à une résection chirurgicale si nécessaire (4).
La prise en charge chirurgicale laparoscopique de l’endométriose, comparée à une chirurgie ouverte, permet une hospitalisation plus courte, un rétablissement plus rapide et des incisions plus petites. Ainsi, lors de la laparoscopie diagnostique, il est recommandé de cautériser ou d’exciser les lésions endométriosiques visibles.
Le traitement laparoscopique de l’endométriome ovarien par excision de la paroi du kyste semble être l’approche chirurgicale la plus efficace (7).
Procréation assistée comme solution à l’infertilité
Les options de traitement de l’infertilité associée à l’endométriose restent limitées. La chirurgie et les Techniques de Procréation Assistée (TPA) constituent encore la base d’un traitement efficace. Toutes les thérapies médicales actuellement approuvées pour cette maladie entravent ou réduisent la fertilité et ne sont donc pas utiles pour traiter l’infertilité liée à l’endométriose. Des thérapies médicales non hormonales sont nécessaires à l’avenir pour améliorer la fertilité. L’infertilité associée à l’endométriose nécessite une approche multidisciplinaire, personnalisée, partagée et holistique, fondée sur les caractéristiques uniques de la patiente, le sous-type d’endométriose et le degré d’atteinte (8).
La procréation assistée est le traitement recommandé en cas de facteur tubo-péritonéal sévère, de facteur masculin sévère ou lorsque d’autres traitements moins complexes ont échoué. Le traitement par fécondation in vitro (FIV) doit être envisagé dans les cas d’endométriose modérée à sévère, car il augmente jusqu’à quatre fois la probabilité d’obtenir une grossesse clinique (3).
C’est pourquoi, chez Ovoclinic, nous recommandons à toutes les femmes souffrant d’endométriose et désireuses de réaliser leur rêve de maternité de se rendre dans nos cliniques de procréation assistée situées à Marbella, Séville, Madrid et Ceuta. Un spécialiste les accompagnera et les guidera afin de trouver une solution à l’infertilité causée par cette maladie.
Bibliographie
(1) Restrepo Cano, G. A. (2012). Endométriose et infertilité. Revista Peruana de Ginecología y Obstetricia, 25(1), 31-34. Consulté le 27 février 2025, sur http://www.scielo.org.co/pdf/iat/v25n1/v25n1a4.pdf
(2) Olive DL, Schwartz LB. Endometriosis. N Engl J Med.1993 Jun 17 328(24):1759-69.
(3) Rechkemmer, A. F. (2012). Gestion de l’endométriose et infertilité. Revista Peruana de Ginecología y Obstetricia, 58, 101-105. Consulté le 27 février 2025, sur http://www.scielo.org.pe/pdf/rgo/v58n2/a06v58n2.pdf
(4) Hernández Lee, A., Quiroz Soto, C. D., & Sánchez Mora, M. J. (2023). L’endométriose : une maladie complexe ayant un impact sur la qualité de vie des femmes. Revista Médica Sinergia, 8(8), e1089. https://doi.org/10.31434/rms.v8i8.1089
(5) Zegers-Hochschild, F., & Parodi, A. H. (2010). Endométriose et infertilité. Revista Médica Clínica Las Condes, 21(3), 403-408. https://doi.org/10.1016/S0716-8640(10)70551-4
(6) N. Garrido, J. Nevarro, J. Remohi, C. Simon, A. Pellicer. Environnement hormonal folliculaire et qualité embryonnaire chez les femmes atteintes d’endométriose. Human Reproduction Update, 6 (2000), pp. 67-74. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/10711831/
(7) Hart R, Hickey M, Maouris P, Buckett W, Garry R. Chirurgie excisionnelle versus chirurgie ablative pour l’endométriome ovarien : une revue Cochrane. Hum Reprod. 2005;20(11):3000-7.
(8) Bonavina G et Taylor HS (2022). Infertilité associée à l’endométriose : de la physiopathologie au traitement personnalisé. Front. Endocrinol. 13:1020827. doi: 10.3389/fendo.2022.1020827















